DOSSIER INNOVATION

Mag n°14

Juillet 2019

ZOOM SUR QUATRE COLLECTIVITÉS ANRU+

 

GRAND BESANÇON / L’émancipation par le numérique

 

Le projet « Planoise, quartier d’excellence numérique » a pour objectif de transformer le quartier dans les domaines de la formation et de l’inclusion numériques, par l’installation d’un site démonstrateur de cette filière et qui doit permettre de la structurer : la coopérative du numérique et de l’entrepreneuriat. Le pari est de casser les barrières qui se sont dressées autour de la Planoise ces vingt dernières années et de renouer avec l’image pionnière qui était la sienne à sa création, fin des années 60. En faire un pôle fort, attractif et innovant est un moyen de ressusciter la mixité sociale. Y développer des expérimentations numériques dans les domaines de l’éducation, des pédagogies alternatives, de l’accompagnement à la parentalité, de l’indépendance énergétique, du pouvoir d’agir ou des échanges de service, c’est aussi ouvrir des perspectives nouvelles à ses habitants. Plutôt que de décliner les technologies issues du concept de la Smart city dans un quartier complexe, le projet « Planoise, quartier d’excellence numérique » prend pour point de départ les besoins réels du terrain et s’enrichira progressivement des contributions de tous les acteurs mobilisés.

 

© JEAN-CHARLES SEXE

 

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VAL-DE-REUIL / Sous la dalle, la vie

 

L'échec de l'urbanisme de dalle – en bas, les routes et les parkings, en haut, l'espace piéton desservant logements, équipements et commerces – ne fait aucun doute. Dans de tels quartiers, l'objectif est de réunir les fonctions qui ont été séparées, les circulations et la vie urbaine, notamment en remettant de l'animation niveau rue.

Val-de-Reuil s'y attache. La ville nouvelle, dernière-née parmi celles du bassin parisien, n'a pas connu le développement escompté. Certains de ses parkings, restés vides, avaient dû être murés lors du PNRU pour éviter toute occupation illicite. Le NPNRU en reconvertit aujourd’hui trois en locaux d'activités, tous situés le long de l'axe principal du centre-ville. Le projet pose un défi technique, notamment pour amener la lumière naturelle et dépasser certaines contraintes constructives.

Mais l'enjeu principal relève de la maîtrise budgétaire. Car la reconversion doit s'effectuer au moindre coût afin de pouvoir accueillir des activités faiblement rémunératrices, développées par des porteurs de projets locaux ou offrant des services accessibles aux habitants. Trois programmes sont pressentis : un espace de coworking, ciblant notamment les auto-entrepreneurs locaux ; une épicerie sociale avec une cuisine participative animée par des femmes du quartier ; une recyclerie de vélos, incluant un service de prêt pour favoriser la mobilité durable. Le montage juridique et économique pour la gestion de ces « socles actifs » est à l'étude, et c’est bien d’innover dans la méthode et les modèles qu’il s’agit, sur un objet très répandu dans les quartiers en renouvellement urbain : si l’expérimentation est fructueuse, le potentiel de reproductibilité est fort, et l’ANRU a ainsi posé de fortes exigences en matière d’évaluation et de capitalisation. Une entité publique devrait, en principe, porter l'ensemble des nouveaux locaux d'activités. À ce stade, les travaux sont prévus courant 2020.

 

 

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MULHOUSE / « Briand, site école » de la proximité

 

L’avenue Aristide Briand fut un temps la grande artère commerciale de Mulhouse. Mais aujourd’hui, au-delà des enseignes fermées, c’est tout le quartier qui montre des signes de faiblesse. Proche du centre-ville, il recèle toutefois une source de rayonnement notable : le plus grand marché de l’est de la France. Comment propager cette attractivité et retrouver le dynamisme d’antan ? En quête de réponses innovantes, les services du renouvellement urbain ont lancé un Appel à Manifestations d’Intérêt pour transformer l’avenue Briand en « avenue école, pionnière et hospitalière ». L’idée est de permettre la mise en place d’une offre globale à destination des entrepreneurs, commerçants et artisans, et de structurer ainsi un écosystème en capacité d’innover. En juin dernier, Michèle Lutz, maire de Mulhouse, a retenu l’ensemble des offres de la trentaine de candidats ayant répondu à l’Appel. Les initiatives s’égrèneront au long de l’avenue, dans différents lieux emblématiques dits « totems », où seront testés de nouveaux usages de commerce et d’entrepreneuriat. Ces espaces permettront de transmettre et diffuser les savoir-faire d’innovation, de qualifier et accompagner les personnes vers des marchés porteurs, et de positionner le quartier Briand comme catalyseur de nouvelles formes de commerces.

« Tout l’enjeu est désormais de favoriser les synergies » relève Jean Ertzscheid, directeur du renouvellement urbain. Il donne pour exemple les activités textiles qui prendront place dans l’ancienne miroiterie : à partir des essences du jardin partagé, une structure produira des teintures naturelles qu’elle mettra à disposition des ateliers participatifs de couture, basés sur la récupération de chutes de tissu.

 

© VILLE DE MULHOUSE

 

 

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STAINS / « Créer des laboratoires de solutions concrètes pour demain »

 

« À Stains, l’innovation et l’excellence environnementale sont au cœur des projets de renouvellement urbain du Clos-Saint-Lazare et de la Prêtresse. Le Programme d'investissements d’avenir « Ville Durable et Solidaire » est vecteur d’innovations utiles aux habitants et directement réplicables. Changer les quartiers, c’est bien sûr traiter l’urbain. Désenclaver. Mais c’est également penser la durabilité des quartiers, porter l’ambition de créer, en somme, des véritables laboratoires de solutions concrètes pour demain.

Créer un écosystème de métabolisme urbain par le réemploi du béton issu des démolitions, construire à bilan ouvert en coût global pour augmenter le confort et le reste à vivre des habitants, éliminer par le froid les punaises de lit et créer une boutique pour remettre en circulation les objets désinfestés au sein d’une ressourcerie solidaire ou encore transformer les déchets alimentaires des habitants en compost pour enrichir les terres agricoles du territoire, grâce à un composteur électromécanique de quartier… Il est temps de changer de regard sur nos quartiers. »

Azzédine Taïbi, maire de Stains et vice-président de l’Établissement Public Territorial Plaine Commune (93)

 

 

 

Photo : la Ferme des Possibles, Stains © ALEXANDRA LE BON – PLAINE COMMUNE

 

Photo : Azzédine Taïbi, maire de Stains, © VILLE DE STAINS

 

Photo : visite du CSL, Stains © PLAINE COMMUNE

 

 

 

 

 

 

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