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Mag n°4

Juin 2016

RENOUVELLEMENT URBAIN, LE DESIGN S’EN MÊLE

La Plateforme Socialdesign a été lancée en mars dernier au 104, à Paris. Ce réseau de designers, architectes et responsables culturels et associatifs fonctionne comme une interface entre usagers, concepteurs et acteurs politiques et sociaux de différents domaines, dont la rénovation urbaine. Son objectif ? Accompagner la concrétisation de projets de « design social ». À travers l’analyse du contexte, la concertation et la mise en oeuvre d’une réponse singulière et adaptée.

L’association peut également intervenir sur des projets en cours ayant besoin d’un accompagnement. Une équipe adaptée à l’opération, quel que soit son domaine et son lieu d’implantation, est dès lors constituée. Tout en réalisant ses projets, Socialdesign produit également les connaissances qui viennent alimenter une transformation durable du terrain et de la méthodologie des acteurs en jeu.

La Plateforme s’est donné pour ambition d’être une ressource pédagogique dans le domaine du design social ainsi qu’un espace de rencontre entre représentants des sphères publique, privée et professionnelle. Son objectif est d’inscrire les concepteurs comme des acteurs à part entière de la réflexion et de l’organisation de la société face à l’urgence qui existe aujourd’hui de penser et de construire les conditions du vivre-ensemble.

http://www.plateforme-socialdesign.net

 

 

 

Focus sur six projets recensés par la Plateforme Socialdesign :

 

SAINT-DENIS

JTC, 2013 / Collectif Cochenko

À la manière d’un club sportif, le JTC – Joliot Terrasse Club – a été créé en 2013 avec les jeunes de l'Antenne Jeunesse de la cité Joliot-Curie. L’objectif était de réaliser sur site, en chantier participatif, une terrasse mobile. Dans la continuité du projet Made in Joliot, le collectif Cochenko a initié et accompagné cette commande de « co-design » émanant d’une structure socio-éducative.

L’Antenne Jeunesse a été inaugurée la même année 2013 dans le cadre d’un projet ANRU de rénovation globale de la cité, sans pour autant bénéficier d’un aménagement de ses espaces extérieurs. Les animateurs ont souhaité créer du lien entre l’intérieur et l’extérieur et offrir un espace confortable en pied d’immeuble. Le tout, en impliquant les jeunes. Une contrainte forte était imposée par le bailleur : ne pas laisser d’équipement fixe en soirée pour préserver la tranquillité du voisinage. Cochenko a proposé la réalisation d’une structure mobile en associant dès la conception les usagers de l’antenne. Pour concrétiser le projet, celle-ci a bénéficié d’un financement de la Ville et Plaine-Commune. Trois ateliers de co-conception ont été menés dans les locaux de l’antenne jeunesse, suivis d’un chantier ouvert de sept jours in-situ. Une trentaine de jeunes se sont investis sur la durée de l’opération, réalisant une terrasse mobile de 100 m2 et de 20 unités

 

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MONTPELLIER

JARDIN DeMAIN / COLOCO, ATELIER DES PAYSAGES CONTEMPORAINS

Le travail a été engagé à partir d'une « Étude stratégique pour la gestion des délaissés ». Celle-ci propose une vision de la nature urbaine qui prend en compte ces espaces comme autant de richesses potentielles et non comme les rebuts d’une urbanisation étalée. Alors que la ville et sa gestion sont sous la responsabilité des institutions publiques – commune, agglomération, communauté de communes – le paysage, résultante de toutes les pratiques, doit être envisagé comme un bien commun. Dans cette optique, tous les efforts doivent être conjugués. Les citoyens dans leur ensemble deviennent acteurs et responsables. Les éléments de projets précédents sont réemployés, complétés, transformés. Les brouettes sont ainsi devenues notre base logistique mobile. Leur présence conduit au jardin. Constamment il faut s’adapter, revoir les plans établis en fonction de nouvelles difficultés. Les échanges avec les habitants nous offrent également des surprises, comme la fulgurante exécution des plantations de vivaces par les écoles primaires du quartier Lemasson. Tout autant que le jardin, la fête est d’utilité publique. L’inépuisable énergie collective de transformation d’un lieu ou d’un instant révèle la force de la construction du bonheur

 

 

 

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PARIS 20e

LA FABRIQUE SAINT-BLAISE / Collectif Fabrication Maison

Le quartier Saint-Blaise est l’un des plus denses d’Europe. Dans ce territoire de la « politique de la ville » et en pleine mutation urbaine est inaugurée en décembre 2012 La Fabrique Saint-Blaise. Lieu partagé de ressources, d’échanges et de création, La Fabrique propose d’inventer, en lien étroit avec les habitants, des outils et des pratiques pour l’amélioration du cadre de vie et la réappropriation des espaces publics. L’idée est d’y « fabriquer » collectivement, en impliquant habitants, associations, ville, aménageurs et bailleurs. Signalétique, fresques, sérigraphie… La Fabrique s’inscrit dans la vie quotidienne du quartier, en s’ouvrant au public, et contribue à l’invention de possibles communs. Fin 2015, le projet a donné lieu à la création des Fabriquants : un groupe d’habitants qui se réunit régulièrement pour construire ensemble les images du quartier. Ses productions individuelles et collectives révèlent une diversité d’approches et une grande richesse imaginative.

 

 

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LES MUREAUX

FAIS-MOI SIGNE ! / Atelier Malte Martin / Association Agrafmobile

Ensemble de services publics – crèche, maternelle, école primaire, salles multifonctions, restaurant, café...
 – dans un quartier en rénovation, le Pôle Molière nécessitait la mise en place d’un système de signalétique tant pour faciliter son repérage que pour incarner son image. L’analyse du contexte a conduit à proposer une signalétique qui fonctionnera quasiment sans texte, particulièrement adaptée à un site qui accueille des enfants en bas âge et des nombreux parents primo-arrivants. Un vocabulaire de formes simples - rond, carré, triangle, losange - épouse les murs, les vitres et le sol du pôle, déployant une composition plastique dans l'espace. En art, c’est le vocabulaire universel des utopies modernes.
 Pour l’enfant, c’est le symbole des activités d’éveil. Pour les autres usagers, la marque des multiples activités proposées au Pôle Molière. L’accent a été mis sur un processus d’appropriation par les habitants et futurs usagers de l’équipement. Pendant la phase chantier, des ateliers d’initiation ont impliqué plus de 300 personnes de tout âge, permettant une sorte d’imprégnation active et ludique. Les participants ont affiché les éléments de la nouvelle signalétique dans l’espace public, sur les palissades du chantier, sur les murs alentours, dans des lieux relais du quartier…  L’objectif était d’aller à la rencontre d’un public non coutumier des lieux culturels et de déployer le vocabulaire visuel du pôle dans la ville.

 

 

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SAINT-ETIENNE

ÉCOLE PAULE ET JOSEPH THIOLLIER / Sara de Gouy, designer

La nouvelle école Paule et Joseph Thiollier s’inscrit dans l’ancien bâtiment de la Manufacture d’Armes de Saint-Étienne, sur le site de la Cité du design. Piloté par EPASE, le projet, d’une surface d’environ 2700m2, a été réalisé par l’agence d’Alexandre Chemetoff.

Pour préparer élèves et enseignants au déménagement dans ces nouveaux locaux, la Cité du Design, a mené sur plus d’une année un projet pédagogique à travers une trentaine d’ateliers, de la maquette en passant par les scénarii d’usage, jusqu’à la phase chantier. Peu d’initiatives analogues ont à ce jour autant impliqué les futurs utilisateurs. Une école au plus près de leurs besoins s’est ainsi constituée. Avec un budget très serré.

Réalisé, le projet de mobilier « Géométrie variable » synthétise les aspirations de l’école. Un mobilier ancien de bonne facture, entreposé dans les ateliers de stockage de la Ville, a été récupéré et transformé ensuite par une entreprise de réinsertion locale. Avec les économies réalisées, un mobilier sur mesure a pu être créé pour le hall et la bibliothèque, deux espaces majeurs de l’établissement. Inspiré par la fonction initiale du lieu, une ancienne manufacture, ce mobilier joue le principe de l’assemblage des pièces pour fabriquer une diversité de formes avec une multitude de combinaisons possibles. La modularité permet d’adapter la configuration de l’espace aux situations et événements les plus différents. Un deuxième projet, portant sur la signalétique intègre, lui, la contribution des enfants dans le dessin des pictogrammes. Un processus de création résolument original.

Singulier, le projet global l’est parce qu’il met l’usager au cœur de la réflexion et pour sa volonté de faire avec un déjà-là. Il est question de réinventer tant les formes du design que la manière de les produire. Cette démarche novatrice a été présenté, lors d’une exposition en plein air, dans le cadre de la biennale IN du Design 2015 de Saint-Etienne.

 

 

 

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IVRY-SUR-SEINE

BASE RACK / Collectif Ya+K

Baserack est un prototype d’occupation des espaces en état de latence dans le cadre des transformations urbaines. À la fois limite et lieu de vie, il permet un développement de pratiques et d’usages sur des sites en attente de métamorphose. Laissant libre occupation à la végétation, il propose de développer verticalement un ensemble d’usages susceptibles d’accompagner une occupation et des pratiques temporaires.

Structure modulaire et modulable, il inscrit dans la grille du rack à palette un ensemble de modules fonctionnels pouvant varier en fonction des besoins spécifiques à chaque contexte.

Son principe générique de développement linéaire permet de s’adapter à la topographie et à la géométrie de chaque terrain. Façade épaisse pouvant varier les opacités et les transparence, il interroge le lien entre ville présente et ville latente.

Base Rack constitue un outil efficace dans le développement de dispositifs d’agriculture urbaine provisoire. Les zones urbaines en transition sont constituées d’espaces vides qui nécessitent des stratégies d’occupation provisoire. Le développement d’activités de travail des sols et de dispositif d’agriculture urbaine expérimentaux constitue une des pistes de travail les plus intéressantes. À la fois outil et architecture, Baserack s’adapte à chaque situation d’expérimentation. Ce prototype a été notamment été développé dans le cadre du projet du Jardin de la plage arrière, réalisé à Bagnolet en 2015.

 

©Socialdesign

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