SPÉCIAL CO-INVESTISSEMENT

Mag n°6

Novembre 2016

PETITE HISTOIRE D’UNE GRANDE AMBITION

Dans le prolongement de la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine de février 2014, l’État et l’ANRU ont signé en décembre 2014 une convention dotant l’ANRU de 250 M€ de fonds propres, afin de procéder à des opérations de co-investissement immobilier dans les quartiers prioritaires de la politique de la Ville.

 

« Le Fonds de co-investissement de l’ANRU fonctionne comme un fonds d’investissement privé » souligne Corinne Bertone, qui en assure la direction. Ce fonds a une démarche « d’impact investing » et des objectifs ambitieux : utiliser le levier de l’investissement immobilier pour faire du développement économique, améliorer l’image des quartiers et renforcer leur attractivité.
Cependant, les investissements ne peuvent s’effectuer que dans des projets dont la viabilité économique est avérée. À l’échelle de chaque projet, le Fonds est à la recherche de création de valeur, de rentabilité financière et d’excellence environnementale. Ses prises de participation doivent rester minoritaires, aux côtés d’investisseurs privés. C’est pourquoi tous les projets doivent dégager un TRI (taux de rendement interne) cohérent avec le niveau de prise de risque. Corinne Bertone précise que « le Fonds agit en tant qu’investisseur d’intérêt général avisé et prévoit une durée de détention des actifs de 8 à 12 ans ». Les co-investisseurs qui s’y associent sont de natures très variées : opérateurs locaux, OPCI* grand public, foncières privées...

 

LA RÉUNION DE COMPÉTENCES MULTIPLES
Le Fonds bénéficie de l’expertise de l’ANRU en matière de politique de la Ville, de ses réseaux, ainsi que de sa connaissance fine des territoires. Il est piloté par une équipe de quatre personnes, qui mutualisent leurs compétences pluridisciplinaires et leur parfaite connaissance du monde de l’investissement privé et de la politique de la Ville. Plus largement, les instances de gouvernance du Fonds se composent de deux entités : un Comité de pilotage et un Comité d’investissement. Le premier rassemble des représentants de l’ANRU, du Commissariat Général à I’Investissement (CGI) — maître d’oeuvre des PIA pour le compte de l’Etat — du CGET, des ministères concernés (Budget, Ville, Logement) et deux personnalités qualifiées, Olivier Piani, actuellement consultant dans le cadre de sa structure OP Conseil et Philippe Depoux, directeur général de Gecina. Le Comité d’Investissement est quant à lui composé de représentants du CGI, de l’ANRU et de Philippe Depoux.
 

* Organisme de Placement Collectif Immobilier

©GABS

 

ACTUS DU FONDS

« En 2016, se sont tenus deux Comités de pilotage ainsi qu’un Comité d’investissement. Huit projets ont été présentés, pour lesquels nous avons obtenu l’accord d’engager des fonds ou de poursuivre l’instruction des dossiers. Les sujets étudiés en comité sont très diversifiés en termes de typologie d’actifs : deux centres commerciaux, deux immeubles de bureaux en blanc, un espace de coworking, une résidence services séniors, une résidence de tourisme et un ensemble de commerces en pied d’immeubles. Ils le sont également en matière de localisation géographique, avec deux opérations en Île-de-France, une dans les Hauts de France, une en Nouvelle Aquitaine, deux en région PACA et une en Occitanie. Sont actuellement recensées une soixantaine d’opérations plus diversifiées encore en matière de typologies et de localisation »

 

Corinne Bertone, Directrice du Fonds de co-investissement de l’ANRU

©C. GRIMPREL

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