Politique

Mag n°2

Septembre 2015

NANTES, METROPOLE CITOYENNE

ITW

Entretien avec Johanna Rolland, présidente de la Communauté Urbaine Nantes Métropole

 

Trois sites de la métropole nantaise ont été retenus pour le NPNRU. En quoi l’expérience du premier programme national peut-il nourrir ces nouveaux projets de rénovation urbaine (PRU) ?

Ces projets s’inscrivent dans une ambition forte à Nantes en matière de politique de la Ville, tenant compte d’une évaluation objective de notre action dans le cadre du PNRU. Nous avons analysé notre expérience sur les projets ambitieux du GPV Malakoff ou du quartier des Dervallières, qui ont permis d’ouvrir ces quartiers sur la ville, de conforter et renforcer la présence des services publics et d’engager une évolution sensible de la composition de ces quartiers et des activités qui s’y développent. Nous avons ainsi identifié trois axes de progression sur lesquels nous concentrerons nos efforts : l’emploi et le développement économique, la diversification des logements, le dialogue avec les habitants et les acteurs du quartier.

 

Nantes Métropole a signé son contrat de ville. Quels sont pour vous les enjeux de l’appréhension des projets de rénovation urbaine à l’échelle intercommunale ? 

La politique de la Ville est un élément d’un projet intégré, tout comme les quartiers font partie intégrante de la métropole et donc du projet métropolitain.

Il s’agit de construire un projet cohérent entre les villes et la métropole. L’échelle intercommunale est la bonne échelle pour penser l’intégration urbaine comme pour les politiques de transport ou d’habitat par exemple (à l’horizon 2020 : 6 000 logements/an dont 2 000 logements sociaux et 1 300 logements abordables, 2 600 logements privés et la réhabilitation ou l’amélioration de 3 000 logements sociaux).

Toutefois, même si elle peut être pensée à l’échelle métropolitaine, la rénovation urbaine, économique et sociale ne peut se faire qu’avec la mobilisation des communes qui sont les premiers acteurs du projet éducatif, culturel, sportif… qui constitue l’épine dorsal d’un tel projet.

Le projet global de Bellevue, porté par la métropole et deux villes, permet de répondre à l’attente de cohérence des habitants qui peinaient à comprendre qu’une action concertée entre les deux villes ne soit pas mise en œuvre sur ce quartier « transfrontalier ». Un projet doit dépasser les limites administratives pour gagner en cohérence et s’adapter aux usages des habitants.

 

La coordination nationale citoyenne s’est réunie à Nantes en septembre dernier. Comment le dialogue et le travail entre élus, habitants et acteurs de la politique de la Ville peut-il aujourd’hui passer à la vitesse supérieure ?

Je l’ai dit, ces nouveaux PRU sont l’occasion de regarder le bilan de notre action avec lucidité pour se fixer de nouveaux objectifs. Un exemple : la dimension qualitative du projet
Malakoff-Pré Gauchet n’est plus à démontrer. Il n’en demeure pas moins que dans la nouvelle phase dans laquelle nous sommes, les habitants nous ont adressé le message de faire plus en termes d’association aux projets de transformation des quartiers et pas simplement sur les sujets strictement urbains. Nous avons ainsi lancé deux conseils citoyens, en phase d’expérimentation. Un à Malakoff et un à Nantes nord. Il s’agit de pouvoir profiter de ce futur espace autonome d’échange et d’analyse, de débat entre habitants, pour favoriser l’expression d’une parole libre sur le quartier.

À Nantes, quand on parle de la reconnaissance de l’expertise d’usage ce ne sont pas seulement des mots, mais bien une conviction profonde. Pour y parvenir : une méthode, car le dialogue citoyen dans la sixième ville de France ça ne s’improvise pas, et une dose d’innovation.

 

© P. Garçon / Ville de Nantes

 

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