Agglos

Septembre 2016

LES PROTOCOLES, OÙ EN SOMMES-NOUS ?

L’élaboration et la signature des protocoles de préfiguration se poursuivent sans relâche partout en France, dans des métropoles et agglomérations de toute taille. Le NPNRU prend corps.

 

Brest

LES QUARTIERS DU SAVOIR

 

Deux quartiers que tout pourrait séparer – Bellevue, Zone d'urbanisation prioritaire des années 1960, et Recouvrance, secteur du centre-ville à habitat parfois insalubre – partagent une même vocation métropolitaine : le savoir. Si Bellevue accueille l’Université de Bretagne occidentale, Recouvrance est le site du futur pôle scientifique et culturel des Capucins. Le protocole de préfiguration veut conforter cette identité commune en développant leurs dimensions résidentielle et économique. Recouvrance fait notamment l’objet d’une Opération programmée d'amélioration de l'habitat de renouvellement urbain (OPAHRU) métropolitaine en partenariat avec l’Agence nationale de l'habitat (Anah).

 

Toulouse

UNE LOGIQUE D’ÉQUILIBRES

 

Avec le protocole de préfiguration, de nouveaux leviers territoriaux s’élaborent pour améliorer l’attractivité résidentielle de deux quartiers d’intérêt national et deux d’intérêt régional. En lien avec les préconisations du futur Plan local d'urbanisme intercommunal et d'habitat (PLUIH), les mesures à l’étude
envisagent une production importante de logements à bas loyers à travers la métropole. Une stratégie qui répond à une triple exigence : relogement des ménages concernés par le renouvellement urbain, diversification de l’habitat des quartiers sensibles, répartition équilibrée des logements sociaux sur le territoire.

 

Lisieux

VERS UN PÔLE MÉTROPOLITAIN

 

Quartier de Lisieux, Hauteville concentre un cinquième de la population de l’Intercommunalité Lisieux-Pays d'Auge-Normandie. Sa vitalité représente donc un enjeu de taille pour la Ville comme pour l’agglomération. Inscrit au NPNRU en tant que quartier d'intérêt national, il doit être désenclavé, rénové et valorisé. La Ville souhaite préserver sa dimension résidentielle ainsi que sa mixité fonctionnelle, liée aux deux pôles commerciaux de proximité ainsi qu’aux équipements publics. Elle vise également le renforcement de la structure économique, associative et institutionnelle.

 

Valenciennes

UNE MÉTROPOLE EN AVANCE

 

Avant même le NPNRU, Valenciennes Métropole a pris en charge, dès 2005, la rénovation urbaine au niveau intercommunal. Cet engagement se prolonge, aujourd’hui, à travers le
protocole de préfiguration. Trois quartiers – la Briquette à Marly, Chanteclerc Le Coq à Condé-sur-l’Escaut et la Bleuse Borne à Valenciennes et à Anzin – sont appréhendés en complémentarité
avec le PLH (Programme Local de l'Habitat) d’agglomération et le PLUi (Plan local d'urbanisme intercommunal). Un double enjeu territorial s’impose : la réhabilitation du parc de logements privés existants, dont 10% est potentiellement indigne, et la diversification de l’habitat. Dans l’ancien couloir minier, plus de la moitié des logements sont sociaux.

 

Mayotte / Kawéni

UN « VILLAGE » À REPENSER

 

Le protocole de préfiguration de Kawéni a été signé le 9 juin. Ce « village », un quartier de la plus grande ville du département, Mamoudzou, dispose incontestablement d’un atout majeur — avec un tiers des emplois de l’île, il en constitue le levier économique — ce qui n’empêche pas les dysfonctionnements urbains de s’y cumuler. Sans prétendre les résoudre tous à très court terme, le protocole de préfiguration
commence à inverser une spirale négative. L’enjeu est double : améliorer les déplacements des habitants et éradiquer l’insalubrité.
Il est avant-tout question de relier, à travers un véritable espace public, les différentes composantes du site : bidonville, noyaux villageois, zone d’activités, équipements. Cette problématique prend tout
son sens quand on sait que plus de 8 000 enfants – 10 000 dans quelques années – se rendent quotidiennement à l’école à travers Kawéni sur des chemins approximatifs. L’insalubrité fera l‘objet, de son côté, d’une approche expérimentale. En effet, les normes, les typologies et les pratiques de l’habitat social métropolitaines ne s’adaptent pas systématiquement au contexte local. Si l’auto-construction encadrée ou l’auto-amélioration représentent de toutes premières pistes de travail, les moyens pour résorber localement l’habitat indigne restent largement à inventer. Le programme d’étude défini par le protocole de préfiguration va s’atteler à cette tâche. Deux sites d’expérimentation sont d’ores et déjà identifiés pour tester les nouvelles hypothèses de travail qui en découleront.

©Ville de Kawéni

 

La Réunion

SIX CHEMINEMENTS CONVERGENTS

 

Six protocoles de préfiguration ont été signés le 14 juin dernier à la Réunion, à l’occasion des FRARU de l'Océan Indien, à Saint-Denis.

Autant de projets de renouvellement urbain aux échelles, objets et enjeux bien différents qui sont ainsi désormais engagés. À Saint-André, des actions de redynamisation, notamment commerciale, sont envisagées au coeur de ville. Au Port, l’enjeu est la diversification de l’habitat, la commune comptant près de 60% de logements sociaux. À Saint-Louis comme à Saint-Pierre, l’urbanisation spontanée d’anciennes terres agricoles doit être structurée et diversifiée. À Saint-Benoît, un quartier de logements sociaux semblable en tous points à ceux de la métropole attend sa rénovation. À Saint-Denis, enfin, trois quartiers et, plus largement, la façade maritime de la ville doivent être repensés.
 

PORTAGES COMMUNAUX
Particularité locale, tous ces projets sont portés par des communes plutôt que par des intercommunalités, comme le permet, pour les DOM, la loi Lamy pour la Ville et la Cohésion Urbaine de 2014.
La dimension métropolitaine n’y est pour autant pas absente. Car différentes études indispensables à la définition des opérations de renouvellement urbain – peuplement, développement économique, transports… – sont programmées et menées en lien avec l’EPCI concerné. Au Port, cette dimension devient majeure, le quartier objet du NPNRU s’inscrivant dans la nouvelle écocité portée par le Territoire de la Côte Ouest.

©YOUSSOUF CADER / ISTOCKPHOTO

 

Rouen

UN PROJET PLURIEL

 

L’agglomération rouennaise ne compte pas moins de neuf projets au titre du NPNRU, dont trois d’intérêt national, fortement contrastés. Le parc social de la commune de Cléon, développée autour de l’usine Renault, souffre d'une forte vacance. Son projet de renouvellement urbain est à inventer. Pour le secteur des Hauts-de-Rouen, en revanche, un projet préopérationnel s’esquisse dès à présent. Au Petit-Quevilly, après le réaménagement de qualité de l’espace public, l’heure est à la réflexion sur le renouvellement de l’habitat. La métropole accompagnera tant ces sites étendus que d’autres plus réduits.

 

Dijon

ÉQUILIBRES TERRITORIAUX

 

Un quartier d’intérêt national, le Mail, à Chenôve, et un quartier d’intérêt régional, la Fontaine d’Ouche, à Dijon, ont été retenus par le NPNRU au sein du Grand Dijon. Le premier, en limite du vieux bourg, devrait s’affirmer comme un nouveau centre-ville grâce au développement d’activités économiques et commerciales. Le second se verrait conforter dans sa vocation résidentielle, à travers la réhabilitation du parc social et des copropriétés, ainsi que l’amélioration de l’offre de commerces et services. Le protocole de préfiguration précisera le devenir des deux sites, en les réinscrivant dans les dynamiques urbaines d’agglomération et dans les politiques d’habitat en cours de redéfinition à travers le Plan local d’urbanisme intercommunal comprenant un plan local de l’habitat et un autre des déplacements urbains (PLUiHD), la conférence intercommunale du logement et la convention d’équilibre territorial.

©Grand Dijon

 

 

Dreux

HALTE À LA PÉRIURBANISATION

 

Le Schéma de cohérence territorial (SCOT) et le Programme local de l’habitat (PLH) d’agglomération, en cours de définition, soulignent un double enjeu : mettre en œuvre une politique de rééquilibrage de l’habitat social sur l’ensemble du territoire et freiner l’important processus d’étalement urbain, aggravé par une reprise de la croissance démographique. Situé à cheval sur deux communes, le quartier d’intérêt national « Bâtes-Tabellionne » est directement concerné. La densité et la concentration de logements sociaux y sont trop élevées – 33% pour Bâtes, à Dreux, et 90% pour Tabelionne, à Vernouillet – tandis que la diversification résidentielle implique de répartir une partie de sa population dans l’agglomération. Sans grignoter l’espace rural.

 

Dunkerque

QUAND LE MARCHÉ DE L'HABITAT EST EN BERNE

 

Engagée de longue date dans la politique de la ville, l’agglomération dunkerquoise doit intégrer pour les quatre quartiers visés par le NPNRU – deux d’intérêt national et deux d’intérêt régional – l’objectif de l’attractivité territoriale. Une dimension qui leur fait aujourd’hui défaut. La déprise du marché de l’habitat local rend cependant difficile la mise en œuvre de politiques de diversification résidentielle. Les réflexions qui prennent forme dans le cadre du protocole explorent notamment les différentes conditions de leur concrétisation en termes de « marketing mix » : localisation du foncier, caractéristiques et qualité du logement, qualité et avantages de l’environnement urbaine, adéquation des services publics proposés et des ménages ciblés, prix de sortie (le chiffre d’affaire de l’opération)…

 

Beauvais

LE TRÈS URBAIN, LE TRÈS NATUREL

 

Au regard de sa mixité fonctionnelle et de sa localisation entre cœur de ville et zone franche urbaine, le quartier Argentine présente un réel potentiel de développement résidentiel et économique. Mais, il n’en bénéficie pas notamment du fait de liaisons insuffisantes avec les quartiers environnants. L’enjeu majeur est donc la création d’une porosité inter-quartiers via différents modes de transports. L’amélioration et la diversification du parc résidentiel parachèveront le projet urbain. Les potentialités de Saint-Lucien, le second quartier objet du NPNRU, sont d’un tout autre ordre. Le secteur se situe à proximité du plan d’eau du Canada et du parc de la Grenouillère, deux vastes entités naturelles récréatives. Il est avant tout question de relier le quartier à son environnement proche et de le rendre plus attractif et sécurisant, tant pour ses habitants que pour ceux de l’ensemble de la métropole.

©Ville de Beauvais

 

 

Le Mans

QUATRE QUARTIERS EN DEVENIR

 

Sur les cinq quartiers du NPNRU, quatre ont été retenus par la nouvelle géographie prioritaire. Le protocole de préfiguration en esquisse les transformations. Chaoué-Perrières concentre la moitié de la population de la commune d’Allonnes, dont il constitue le centre-ville. Pour le secteur de Chaoué, le rôle de centre secondaire en périphérie d’agglomération doit être conforté par la création d’une mixité fonctionnelle mêlant habitat, services et activités. Le secteur de Perrières doit, lui, se voir renforcer dans sa vocation résidentielle. Grace à la desserte en tramway, les quartiers Sablons et Ronceray-Glonnières-Vauguyon conserveront eux aussi leur âme résidentielle, tout en proposant une offre de services de proximité. Enfin, le quartier Bellevue-Carnac, en périphérie d’agglomération, doit son attractivité et sa situation, pour s’affirmer comme un pôle de niveau secondaire au sein de  l’agglomération.

 

 

photo de couverture: Vue de la métropole brestoise - ©Brest Métropole

zoom


 

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L'essentiel

25protocoles signés

46 passés en Comité d'Engagement

8programmés en Comité d'Engagement

17 examinés en Réunions de Travail Partenariales

2programmés en Réunions de Travail Partenariales

10en cours d'élaboration

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