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Ile-de-France

Mag n°3

Janvier 2016

LE NPNRU, CARTES EN MAIN

 

L’ANRU, la DRIHL, la DRIEA et l’IAU* se sont associés pour passer au crible les sites franciliens du NPNRU. Résultat ? Un atlas mis à disposition des porteurs de projet et acteurs du renouvellement urbain. Il compile des séries cartographiques réalisées sur 36 territoires présentant des enjeux à l’échelle supra-communale et appréhendés comme des « grappes de projets ». « Il s’agit d’espaces qui exigent un portage de projet commun et ce, même si une limite communale les sépare, explique Louise Faure, chargée de mission territoriale à l’ANRU. La commune a trop longtemps été le périmètre d’étude et de lecture. Il faut élargir les perspectives des PRU, d’autant plus aujourd’hui avec le NPNRU».


OUTIL FACTUEL

Les cartes ont été réalisées sur la base d’une liste d’indicateurs très transversaux : évolution démographique, situation urbaine, analyse du marché du logement, équipements publics... « Elles ont été pensées pour que chacun puisse trouver l’information qu’il cherche, à chaque temps du projet », confie Louise Faure. L’intérêt de cet atlas repose également sur le repositionnement des quartiers dans la dynamique métropolitaine : le périmètre des cartes se rapproche de celui des Établissements Publics Territoriaux (EPT) et le Grand Paris des transports, et ses enjeux figurent largement dans l’ouvrage. Ces cartes sont donc un support précieux pour la réalisation de projets de développements intégrés et ont l’avantage d’être utilisables dès à présent, à l’heure des grandes réformes territoriales. « La carte permet une lecture factuelle de la réalité, souligne la chargée de mission. Elle amène à dépasser le ressenti. Elle constitue non pas une réponse, mais une base de réflexion commune entre élus, porteurs de projet, bailleurs... ».

Louise Faure, chargée de mission territoriale à l’ANRU, nous livre ses commentaires sur une sélection de cartes d’un même territoire, Asnières - Gennevilliers - Colombes - Villeneuve-la-Garenne, extraites de l’atlas :


▲ Répartition du logement social selon la période de construction
« Cette carte montre la répartition des logements sociaux sur le territoire, en fonction de leur date de construction. Le diamètre du cercle révèle le poids du logement social et le caractérise : on peut savoir s’il s’agit de logements anciens ou encore s’il y a un risque d’amiante. Elle permet également d’identifier les périodes de reconstruction. On a ici l’exemple parfait du document que l’on pourrait proposer à un bailleur comme base commune de réflexion sur le territoire. »

 

 

▲ Accessibilité et gares
« L’objet de cette carte est de mettre en évidence l’accessibilité à pied (dans un périmètre de 800m) des gares existantes ou en projet sur le territoire par rapport aux différents PRU, cernés en jaune. Cette donnée est primordiale dans la phase protocole du projet, phase qui caractérise la future programmation et lui donne son orientation. En outre, la carte permet de cibler certains PRU qui ne sont pas à proximité d’une gare, tel celui de Villeneuve-la-Garenne. »

 

 

▲Revenu moyen par unité de consommation

"Le territoire Asnières-Gennevilliers-Colombes-Villeneuve-la-Garenne est révélé ici à travers le revenu moyen de ses habitants, par unité de consommation. Plus le bleu des cercles est intense, plus les habitants ont de faibles revenus. Inversement, plus le rouge est soutenu et plus les revenus sont élevés. Quant à la taille des cercles, elle indique la densité d’individus qui résident dans un périmètre de 200m x 200m.

Si la carte confirme certains diagnostics et faits connus, par exemple que la répartition de la population à Asnières est caractérisée par une concentration des plus défavorisés dans sa partie nord, qui correspond au QPV (cerné d’un trait rouge épais), elle n’en reste pas moins frappante. Elle permet en effet d’appréhender le territoire d’un coup d’œil rapide et les fractures entre espaces, très importantes, sont flagrantes. Ce document donne aussi les moyens de penser les enjeux autour de la densité."

 

 

 

▲ Polarité d’équipements et de services

"Il s’agit ici de mettre en perspective les polarités d’équipements et de services et les quartiers prioritaires, cernés en bleu. Cette carte pourrait être un outil de premier intérêt au moment de la finalisation du protocole. En terme de logique projet, la carte indique où et comment s’insérer dans le territoire, en fonction des flux qui existent déjà."

 

 

L’ANRU, la DRIHL, la DRIEA et l’IAU[1] ont mis à la disposition des porteurs de projet et acteurs du renouvellement urbain un atlas des sites franciliens du NPNRU. Éclairage par l’un de ses concepteurs, Vincent Deroche, adjoint au responsable de la cellule information géographique à la DRIEA.

 

Quelles sont les motivation de cet atlas ?

Juste après l’identification, fin décembre 2013, des 200 quartiers d’intérêt national retenus au titre du NPNRU 2014-2024, l’intérêt d’un outil cartographique adapté aux enjeux du nouveau chapitre du renouvellement urbain était largement partagé par ses principaux acteurs. Les réflexions autour de la production d’un atlas dédié ont donc été initiées dès le début de l’année 2014. Il devait fournir aux acteurs et porteurs de projet des séries cartographiques en phase avec les évolutions politiques et territoriales que connaît aujourd’hui l’espace francilien. Plus largement, l’objectif était de rassembler les ressources et données foisonnantes des différents partenaires sur un même territoire. À l’heure de l’open data, l’atlas doit fournir à tous un accès simple à l’information concernant les quartiers du NPNRU.

 

Comment l’échelle et les critères thématiques des cartes ont-ils été retenus?

Tout au long de l’élaboration de l’atlas, nous avons essayé de nous mettre à la place des acteurs du renouvellement urbain pour appréhender leurs besoins et fournir un outil adapté. Nous nous sommes servis de notre culture propre — personnellement avec mon expérience de délégué du préfet notamment — et avons sollicité les chargés de mission territoriale de l’ANRU pour nous aiguiller sur les dynamiques de projets à mettre en valeur. L’outil compile donc aujourd’hui des séries cartographiques sur 36 territoires présentant des enjeux à l’échelle supra-communale. Les territoires ont été définis car correspondant à des « grappes de projets », des espaces méritant d’être envisagés au sein de la même dynamique, mêmes s’ils appartiennent à des périmètres communaux différents. Les cartes de l’atlas resituent les PRU dans leur contexte, ce qui est primordial pour mettre en œuvre un projet de renouvellement urbain, qui est, par définition transversal.

Les indicateurs choisis sont eux aussi très transverses. L’idée était de couvrir toutes les dimensions du territoire et de faciliter la compréhension de ses enjeux : évolution démographique, situation urbaine, analyse du marché du logement, équipements publics... Les critères thématiques et les échelles sont communs à tous les territoires cartographiés ; nous avions à cœur de permettre aux acteurs la comparaison.

 

Quel a été l’intérêt de la coproduction de l’atlas ?

Avant l’atlas, l’information existait, mais il n’était pas aisé pour tous d’y avoir accès. L’intérêt du travail partenarial entre l’ANRU, la DRIHL, la DRIEA et l’IAU réside dans la compilation de l’information et sa large mise à disposition. Chacune des structures a livré les données dont elle était « spécialiste », nous avons fonctionné par thématique avant de tout coordonner.

Il faut aussi resituer l’intérêt de l’atlas à travers le rôle essentiel de l’État et de ses services, qui se doivent de mettre à la disposition de tous une information fournie, en garantissant l’égalité de traitement des collectivités. Or, aujourd’hui, certaines sont en mesure de répondre aux défis posés par le renouvellement urbain, d’autres ne disposent pas des mêmes moyens. À travers l’atlas, l’État et ses partenaires n’imposent plus des solutions, mais fournissent à tous de nouvelles possibilités. Un petit guide de lecture de l’atlas a également été élaboré. Il détaille les éléments de compréhension des légendes des cartes, et certaines « précautions d’usage ». Il s’agit là d’un outil d’appropriation utile pour les acteurs du renouvellement urbain.

 

Comment la cartographie s’impose-t-elle au milieu des autres outils d’aide à la décision ?

Les cartes n’ont pas vertu à dire une vérité, elles sont une représentation de la réalité. Et c’est en cela qu’elles sont un outil propre d’aide à la réflexion et à la décision. Elles apportent une somme d’informations factuelles, fiables, mobilisables par tous et à tout moment dans le projet. Les besoins ne sont pas les mêmes au moment de l’élaboration d’un protocole de préfiguration et pendant la mise en œuvre du projet !

Les cartes informent, peuvent casser des idées reçues, relativiser des tendances ; elles quantifient les objectifs tout en restant qualitatives, se prêtent à la discussion, à la négociation éventuelle. L’outil n’est pas neuf, on a toujours cartographié ! Mais l’atlas permet d’appréhender les territoires des PRU à une échelle nouvelle, et selon des indicateurs pas forcément connus de tous. L’atlas doit aujourd’hui être plus largement diffusé pour que les acteurs s’emparent de cet outil.

 

[1] La Direction Régionale et Interdépartementale de l'Hébergement et du Logement (DRIHL), la Direction régionale et interdépartementale de l'équipement et de l'aménagement d'Île-de-France (DRIEA) et de l’institut d’Aménagement et d’Urbanisme de la région IDF (IAU)

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