Politique

Mag n°10

Juin 2018

« Redynamiser l’ambition commune de la renovation urbaine »

ITW

BRUNO ARCADIPANE, PRÉSIDENT D’ACTION LOGEMENT

 

Action Logement a décidé d’augmenter sa contribution au renouvellement urbain et de participer au doublement financier du programme, avec quels objectifs ?

 

Des objectifs ambitieux au service de la mixité sociale ! En portant sa contribution financière de 5 à 7 milliards d’euros dans le cadre du NPNRU, Action Logement est le fer de lance de la politique de renouvellement urbain. C’est une volonté forte d’Action Logement. Nous sommes des acteurs de terrain, nourris de notre expérience, depuis 2004, dans la politique des quartiers. Aujourd’hui, augmenter notre participation financière au budget de l’ANRU, c’est réaffirmer la force de notre engagement dans ce dispositif. C’est donc faire mieux et plus vite dans les trois axes qui sont notre coeur de métier : améliorer la prise en charge financière de la démolition de 50 à 80 000 logements sociaux vétustes ou inadaptés, soutenir des projets de réhabilitation ce qui impactera au quotidien la vie de 110 à 130 000 ménages et enfin reconstituer une offre de logements sociaux et intermédiaires. Je ne veux pas résumer l’ambition d’Action Logement à sa seule contribution financière : en proposant des solutions opérationnelles, c’est une vision globale que nous voulons développer, celles d’espaces urbains renouvelés où la mixité est une réalité sociale, commerciale, culturelle, associative.

 

Plusieurs déclarations communes d’Action Logement et de l’USH ont eu lieu pour accompagner le passage de 5 à 10 milliards d’euros du NPNRU. En quoi vos préoccupations communes sont-elles une opportunité pour les quartiers ?


Il y a évidemment une cohérence à ce que le monde HLM contribue au financement de l’ANRU. Tout comme Action Logement, l’USH est présente dans les 200 quartiers d’intérêt national retenus par le NPNRU. Nos compétences se complètent, nos analyses se recoupent. Nous pouvons parler de constat partagé avec l’USH, sur le volet logement du renouvellement urbain. Nous partageons la même expertise sur la vétusté, les impératifs urgents de réhabilitation. Nous sommes en phase sur le lien étroit qui existe entre le logement et l’emploi. Nous sommes convaincus que la mixité sociale passe par l’implantation d’entreprises dans les quartiers  politique de la Ville (QPV). Mais plus encore, à Action Logement comme à l’USH, nous mesurons l’attente des habitants des QPV en matière de qualité de vie. Ce sont des défis quotidiens, incarnés. Avec Jean-Louis Dumont, nous ne résumons pas notre mission à des colonnes de chiffres ou des projets immobiliers ! C’est pourquoi, je suis convaincu que nous allons travailler avec l’USH, pour redynamiser l’ambition commune de la rénovation urbaine.

 

Dans quelle mesure la restructuration d’Action Logement mise en oeuvre depuis deux ans va-t-elle permettre d’accompagner le retour des salariés dans les quartiers ?

 

Action Logement a mené une réforme interne d’ampleur pour renforcer l’ancrage territorial au service du logement des salariés des entreprises. Nous avons rationalisé notre fonctionnement en confortant nos implantations dans les 13 régions, représentées par des délégations régionales et des comités régionaux. C’est la bonne échelle pour porter des diagnostics et pour agir. Nous avons également distingué deux entités, Action Logement Service, qui collecte la PEEC* et distribue les aides, Action Logement Immobilier qui porte les programmes de constructions et de réhabilitations. Avec notre opérateur dédié à la mixité sociale, Association Foncière Logement, toutes nos interventions sont donc alimentées depuis les données réelles de terrain. Nous sommes capables d’ajuster nos programmes et nos offres à notre ambition. Par ailleurs, nous constatons que les entreprises reviennent dans les « territoires oubliés de la République » : certains QPV sont redevenus potentiellement attractifs pour les entreprises. Notre mission est évidemment de les accompagner pour formuler des offres de logements sociaux et intermédiaires sur ces territoires en éveil.

 

Comment va s’organiser la complémentarité entre le renouvellement urbain des quartiers et les interventions d’Action Logement au titre du programme Coeur de Ville pour les villes moyennes ?

 

Complémentarité, le mot est juste ! Et c’est notre objectif. Nous devons résolument éviter deux écueils : « déshabiller Jean pour habiller Pierre » et jouer d’une supposée opposition entre les coeurs de villes et les QPV. Cela, ne correspond à aucune réalité ! La meilleure preuve ? 222 coeurs de villes retenus recoupent tout ou partie de projets relevant du NPNRU. Et pour 110 autres, des projets NPNRU sont en cours sur d’autres secteurs de l’agglomération. C’est dire s’il n’y a pas opposition, mais bien complémentarité. En d’autres termes, nous sommes convaincus qu’un territoire qui se redresse a mécaniquement des effets vertueux sur l’ensemble de l’espace qui l’entoure. Quand un coeur de ville est revitalisé, ce sont des salariés qui reviennent y vivre, y consommer, s’y installer. Mais ce sont aussi surtout des « ponts » qui se créent, des échanges qui s’établissent entre le centre et les périphéries, des ghéttoïsations qui disparaissent. Notre ambition est d’être un acteur déterminant, écouté et entendu au bénéfice de ces quartiers et de leurs habitants.

 

* Participation des employeurs à l'effort de construction

 

©D.R.

Publiez un nouveau commentaire


Aucun commentaire

Dans la même rubrique

1 photo(s)
1 photo(s)
Articles suivants