Politique

Mag n°10

Juin 2018

« Les organismes Hlm, premiers financeurs des projets du NPNRU »

ITW

JEAN-LOUIS DUMONT, PRÉSIDENT DE L’UNION SOCIALE POUR L’HABITAT

 

En devenant financeurs du NPNRU à hauteur de deux milliards d’euros, les bailleurs sociaux et l’USH participent au doublement du montant financier du programme que vous appeliez de vos voeux de longue date. Avec quels objectifs ?

 

Le doublement du financement du programme était nécessaire pour que l’ANRU soit en capacité d’accompagner des projets à la hauteur des enjeux auxquels sont confrontés, aujourd’hui, les quartiers. Dans le contexte de la mise en oeuvre de la Réduction de Loyer de Solidarité (RLS) et de la baisse des APL, supportée par les bailleurs sociaux et qui risque de priver les organismes Hlm de 800 M€ de ressources par an en 2018 et 2019 et de 1,5 milliards en 2020, le fait de contribuer à hauteur de deux milliards à la rénovation urbaine est un véritable effort pour le secteur. C’est aussi une vraie démonstration de solidarité de la part de l’ensemble des organismes, qu’ils soient ou non directement concernés. Ce renforcement financier va permettre aux acteurs de s’engager dans la durée sur des projets dont le financement sera sécurisé. Il permettra de conduire de véritables approches globales des quartiers.

 

Les organismes Hlm ont été des acteurs majeurs du PNRU. Quels enseignements majeurs en tirent-ils pour le Nouveau Programme ?


Les organismes Hlm ont été les principaux financeurs du PNRU, avec 23 milliards d’euros apportés, sur un total de 46 milliards. Et ils seront très certainement les premiers financeurs des projets du NPNRU, et ceci alors même que la RLS les prive d’une part conséquente de leurs ressources. Ils devront de ce fait être d’autant plus exigeants auprès de leurs partenaires locaux pour que les investissements qu’ils seront amenés à consentir aient de réels impacts sur ces quartiers. S’agissant du premier programme national, les enseignements que nous tirons sont nombreux : la démarche projet, les vertus d’une démarche partenariale forte autour d’un projet d’ensemble concerté qui bénéficie de ressources garanties permettant de le tenir dans la durée, la nécessité d’un portage politique fort et dans la durée pour coordonner l’ensemble des acteurs et prendre les décisions aux moments clés. Autrement dit, nous avons progressé dans la méthode, avec des résultats remarquables, et une amélioration de la vie de très nombreux habitants, et c’est là notre boussole.

 

Des mesures d’accélération et de facilitation de la mise en oeuvre du NPNRU ont été annoncées par l’ANRU le 25 mai. Répondent-elles aux attentes des organismes Hlm ?

 

Les annonces du 25 mai sont le résultat d’un long travail auquel l’USH a été associée, et je veux saluer le travail mené avec les équipes de l’ANRU qui ont été très attentives à nos propositions. Nous retenons trois mesures principales. En premier lieu l’amélioration du financement des démolitions. C’était une demande très forte des organismes qui sont conscients de l’impact des opérations de démolition sur la transformation des quartiers, mais le financement de ces opérations avait été trop dégradé au lancement du NPNRU. Ensuite la possibilité de majorer les financements pour les organismes en situation financière fragile, sous le contrôle d’un comité des partenaires. C’est essentiel car certains organismes fragilisés par la RLS vont être confrontés à des arbitrages difficiles et il faut créer les conditions pour qu’ils puissent lancer sans tarder les projets en dépit de l’incertitude
dans laquelle ils se trouvent. Enfin la possibilité de pouvoir bénéficier de financements avant la convention, dans le cadre des opérations « pré-conventionnées » : cela sera très utile pour poursuivre la dynamique sur le terrain et notamment pour lancer des opérations de reconstitution de l’offre en compensation des démolitions. Et nous avons en revanche un regret que je souhaiterais exprimer. Nous souhaitions que l’ANRU puisse à nouveau financer les postes de chef(fe)s de projet rénovation urbaine. Ces personnes font un travail essentiel au sein des organismes. Notre demande n’a malheureusement pas été entendue et je le regrette. Nous prendrons néanmoins nos responsabilités et nous veillerons à ce que ces postes soient maintenus car ils sont décisifs pour la réussite des projets.

 

© USH / T. GOGNY

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