SPÉCIAL CO-INVESTISSEMENT

FOND(S)AMENTAUX

Mag n°10

Décembre 2017

« Le co-investissement, bras armé économique de l’ANRU »

ITW

Nicolas Grivel, directeur général de l'ANRU

 

Le développement économique est une composante essentielle du renouvellement urbain. Composante prioritaire au regard du faible poids de cette fonction économique dans les quartiers et des besoins en emplois des habitants de ces territoires. Mais composante complexe, fragile et finalement trop souvent modeste des projets. C'est le constat consensuel du premier programme de rénovation urbaine.

 

Il faut faire plus et mieux dans le deuxième programme de l'ANRU, mais avec quels leviers ? Rénover des logements sociaux, les démolir, en reconstruire, autant de tâches complexes mais les interlocuteurs sont identifiés et il est possible de le décider et de le financer avec eux. Il en va de même lorsqu’il s’agit de construire ou rénover une école, une médiathèque ou de créer de nouvelles voiries. En revanche, l’activité économique ne se décide pas ainsi, ne se décrète pas.

 

L’investissement public consacré à ces quartiers autour des projets de renouvellement urbain est un levier essentiel pour changer le cadre de vie, changer leur image et leur redonner une nouvelle attractivité. Il est d’autant plus indispensable que l’investissement privé a peu ou prou disparu de nombre de ces quartiers. L’objectif doit être de le faire revenir.

 

C’est pour cette raison que la loi a prévu le co-investissement au sein des Programmes d’Investissements d’Avenir et en a confié la mise en oeuvre à l’ANRU. Dans une logique d’intervention différente mais très complémentaire des programmes traditionnels de l’Agence, il s’agit d’investir en fonds propres, aux côtés d’investisseurs privés majoritaires, sur des projets immobiliers à vocation économique.

Ce levier nouveau, véritable bras armé économique de l’ANRU, permet de partager le risque économique avec des investisseurs qui ne seraient pas nécessairement venus seuls dans ces quartiers mais qui croient à leur potentiel et à la rentabilité du projet. Il offre aussi un environnement favorable au développement de l’activité économique pouvant être accueillie : commerces, artisanat, services, etc. L’objectif est bien de repositionner sur des bases viables et rentables des activités porteuses d’emplois.

 

Il s’agit d’un défi, mais aussi d’une opportunité exceptionnelle d’agir selon des modes nouveaux, conjointement entre le public et le privé, pour exploiter un potentiel économique révélé par le renouvellement urbain. La Caisse des Dépôts, partenaire de l’ANRU sur ce programme, est également actrice de cette dynamique.

 

Il ne s’agit pas seulement de créer des emplois dans les quartiers, par et pour leurs habitants. C’est aussi un vecteur pour que ces territoires accueillent des salariés et des clients venus d’autres parties de la ville, à la fois témoins et acteurs de leur transformation. En somme, passer de quartiers marqués par l’enclavement, urbain mais aussi des esprits, à une ouverture vers la ville et vers de nouvelles perspectives. Et dessiner ainsi de nouvelles trajectoires de mobilités, résidentielles, économiques et sociales.

 

 

©Cyril Chigot

 

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