SPÉCIAL CO-INVESTISSEMENT

Mag n°6

Novembre 2016

« L'envie d'entreprendre est très forte »

ITW

Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports

Le développement économique s'affirme comme un des moteurs du renouvellement urbain et comme une des garanties de sa pérennité. Comment cette conviction se concrétise-t-elle ?
Cette dimension était manquante dans le précédent programme. Or, il nous apparaît que si les quartiers prioritaires méritent la solidarité nationale, aucun changement en profondeur ne sera possible s’ils devaient rester « sous perfusion ». D’autant que ces territoires regorgent de talents et que l’envie d’entreprendre y est très forte. Il faut faire confiance à ces forces-là. Comment cela se traduit-il en politiques publiques ? Avec la création de l'Agence France Entrepreneur, avec les investissements d’avenir, avec la refonte des exonérations fiscales, la mise en place de ZFU-territoire entrepreneur ou encore le soutien aux petites entreprises commerciales et de service, et bien évidemment avec le Fonds de co-investissement de l’ANRU…

 

Les dispositifs de co-investissement du Programme Investissements d’Avenir ou de soutien à la création d'entreprises dans les quartiers prioritaires —par l’Agence France Entrepreneurs notamment — ne contredisent-ils pas l'objectif global du retour au droit commun? À quelle échéance ces quartiers pourraient-ils réintégrer les circuits classiques de l'économie ?
Ce sont des dispositions qui ont vocation à être transitoires, des dispositions de « rattrapage » : à ceux qui ont moins, il convient de donner plus, c’est pour moi un principe fondamental de justice. Dès lors que l’égalité est atteinte, c’est-à-dire que les situations des territoires en termes de services publics et d’opportunités économiques sont comparables, alors le droit commun doit s’appliquer. La nouvelle géographie prioritaire, centrée sur le critère de pauvreté, a conduit à ce que plusieurs territoires sortent de la politique de la Ville. Il ne faut pas le regretter, au contraire. Objectivement, la politique de la Ville a permis à des centaines de quartiers de changer de visage. Le travail à accomplir est encore considérable. Nous devons gérer les conséquences de l’urbanisme d’après-guerre. Et cela prendra encore 20 ans si nous ne changeons pas de braquet.

 

Des initiatives récentes, comme la Grande école du numérique, visent le public des jeunes décrocheurs, nombreux dans les quartiers prioritaires. Quelle stratégie poursuivez-vous à leur sujet ?
Nous voulons multiplier les chemins, pour paraphraser Léo Lagrange. Le décrochage, c’est l’échec à l’école. Cela ne signifie pas l'échec partout et pour toujours. Nous voulons montrer que ce n’est pas une fatalité, et que si on apprend d’autres choses, dans un autre cadre, avec d’autres méthodes, chacun trouvera sa voie. La Grande école du numérique, les écoles de la Deuxième chance, la garantie jeunes, ce sont autant de manière de dire : votre avenir est devant vous !

 

 

Légende photo : visite de Patrick Kanner dans le quartier Rome Saint-Charles, à Vitry-le-François

© MINISTÈRE VILLE-JEUNESSE-SPORT

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