SPÉCIAL CO-INVESTISSEMENT

L'ENTRETIEN

Mag n°10

Décembre 2017

« Je suis là pour faciliter un déploiement rapide du renouvellement urbain »

ITW

OLIVIER KLEIN, PRÉSIDENT DE L'ANRU

 

Vous avez pris la présidence de l’ANRU depuis quelques jours. Quelle image aviez-vous de l’Agence à votre arrivée à ce poste ?

Je fais partie de ceux qui se réjouissent chaque jour de ce qu’a permis l’ANRU dans le cadre du premier programme de renouvellement urbain (PNRU). Comment pourrait-il en être autrement en tant que maire de Clichy-sous-Bois qui a connu le projet le plus important du premier programme ? Nous avons réalisé grâce à l’ANRU un travail considérable avec 1 600 logements démolis, plus de 2 000 reconstruits et 1 000 réhabilités. Nous avons aussi construit des équipements publics qui changent la vie des habitants et l’image du quartier. On ne fait jamais assez vite, notamment sur les transports, on ne va jamais assez loin mais grâce à des interventions massives comme celle-ci on va véritablement dans le bon sens.

 

L’ANRU présidée par Olivier Klein sera-t-elle différente de celle de ses prédécesseurs ?

J’ai souvent rencontré Jean- Louis Borloo et mes prédécesseurs, notamment François Pupponi et Gérard Hamel. Ils sont tous fiers de ce qu’a permis l’Agence et c’est cette fierté que je souhaite porter à mon tour avec les équipes de l’ANRU. Pour autant, cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus rien à faire et attendre les inaugurations ! Au contraire, je souhaite avoir un contact très régulier avec les partenaires nationaux et avec les élus et être pleinement à leur écoute pour faciliter un déploiement rapide du NPNRU. Je souhaite aussi aider à ce que l’intervention massive de l’Agence dans les quartiers qui concentrent le plus de difficultés s’accompagne d’une amplification simultanée et en profondeur sur des politiques publiques clés pour leur redonner de l’attractivité. Il faudra y déployer des méthodes innovantes. Je pense notamment à l’éducation et à la sécurité. Par exemple, on sait que les projets de renouvellement urbain prennent légitimement du temps. Commencer, dès les premiers mois, par reconstruire l’école du quartier peut être un signal positif et rassurant pour les habitants.

 

Par sa présence au SIMI (Salon de l'Immobilier d'Entreprise), l’ANRU affirme aussi son action en faveur de l’activité économique. En quoi estce déterminant pour les quartiers ?

C'est essentiel pour réussir à recréer de la mixité. Elle participe à changer en profondeur ces territoires, en les transformant en de véritables lieux de vie, en ne les résumant plus au préjugé de la « cité-dortoir ». Une transformation réussie, c’est un quartier où l’on vient se loger certes, mais aussi travailler, se divertir, s’instruire, consommer... Bref, rien de plus qu’un quartier normal, mais rien de moins non plus. Ce qui rend les choses plus difficiles, c’est que l’activité économique ne se décrète pas. Alors pour amplifier les effets positifs des programmes de renouvellement urbain, l’État a décidé de doter l’ANRU d’un outil puissant avec un Fonds de co-investissement qui lui permet d’investir aux côtés d’investisseurs privés dans des surfaces commerciales ou dans de l’immobilier de bureau dans tous les quartiers de la politique de la Ville. Depuis près de 15 ans l’ANRU a fait la démonstration de sa connaissance des quartiers, lui confier ce nouvel outil était donc logique pour réussir pleinement sa mission. Les premières opérations accompagnées se concrétisent en ce moment avec notamment le centre commercial Lillenium à Lille. Grâce notamment au soutien de l’ANRU, qui y a investi 20 % du montant du projet, ce centre commercial ouvrira ses portes au 3e trimestre 2019 avec les services et les emplois qu’il induit pour les habitants. Ce n’est pas rien dans des quartiers où le taux de chômage est en moyenne deux fois plus élevé que sur le reste du territoire.

 

 

© FABRICE NEDDAM, VILLE DE CLICHY-SOUS-BOIS

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