Politique

Mag n°9

Novembre 2017

« CONTINUER À BRISER LES FRONTIÈRES QUI ÉTOUFFENT LES QUARTIERS »

ITW

Entretien avec Julien Denormandie, secrétaire d'État auprès du ministre de la Cohésion des territoires

 

La politique de la Ville a 40 ans, quel regard portez-vous sur l’action menée durant cette période ?

La politique de la Ville, ce sont 40 ans d’efforts, de combats, qui n’ont certainement pas été vains : je pense par exemple à la création des zones d’éducation prioritaire, au vote de la loi SRU pour plus de mixité sociale, au lancement de la rénovation urbaine grâce à l’audace de Jean-Louis Borloo, à la création des Conseils citoyens… Mais 40 ans qui nous disent, aussi : ce n’est pas assez, il faut continuer ! Le Président de la République l’a rappelé, les quartiers sont et resteront une priorité du quinquennat. Nous nous sommes fixé un objectif très clair : continuer à briser les frontières sociales, économiques mais aussi physiques qui étouffent les quartiers.

 

Mais la politique de la Ville a-t-elle aujourd’hui les moyens de ses ambitions ?

La politique de la Ville ne doit pas être une politique d’exception et d’assistance. Elle doit engager l’ensemble des ministères pour un objectif d’intérêt général : permettre aux citoyens de réussir et de s’épanouir quel que soit leur lieu de résidence. C’est une des clés de notre réussite au ministère de la Cohésion des territoires. Mais pour faire plus et traduire la priorité donnée aux quartiers par le gouvernement, le Président de la République et le Premier ministre ont annoncé une sanctuarisation en 2018 et sur toute la durée du quinquennat du budget de la politique de la Ville, représentant un effort de 430 millions d’euros chaque année qui permet de financer 8 000 associations et 4 000 adultes relais tous les ans. Enfin, comme nous nous étions engagés, l’ANRU va voir ses crédits doubler afin de répondre dans les meilleures conditions aux attentes légitimes des élus porteurs de projets et des habitants. Passer le budget du NPNRU de cinq à dix milliards est une des clés de réussite pour réussir le désenclavement de ces quartiers. L’Etat accompagnera cet effort avec un milliard d’euros sur l’ensemble du programme.

 

L’emploi est toujours la première priorité des Français. Le gouvernement engaget-il une action spécifique en faveur des habitants des quartiers, plus durement touchés par le chômage ?

La feuille de route fixée au ministère de la Cohésion des territoires par le Premier ministre est ambitieuse mais cruciale : il s’agit de réduire l’écart de taux de chômage entre les habitants de quartiers et ceux qui n’y vivent pas. Cet écart, qui est aujourd’hui de 2,5, est insupportable. Au-delà des politiques volontaristes que le gouvernement déploie pour relancer l’emploi sur tout le territoire, nous aurons donc une action spécifique en faveur des quartiers avec notamment la mise en place d’emplois francs. Quand une entreprise – peu importe où elle est située – embauchera un habitant de quartier prioritaire, elle bénéficiera d’une prime pour accompagner cette embauche. Ce sera une formidable opportunité pour briser l’assignation à résidence dont sont trop souvent victimes les jeunes de ces territoires. Nous travaillons en lien avec le ministère du Travail pour une mise en oeuvre accélérée.

 

 

© ANRU / MYLI BOURIGAULT

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